Par Thierry Lorentz

Etymologiquement la photographie est une écriture avec la lumière, words of light comme l’écrivit William Henry Fox Talbot.
La photographie de nuit est une écriture a minima, une esquisse. Avec quelques brins de lumière, elle tisse un vêtement ample et enveloppant, dévoilant une réalité à laquelle nos yeux ne sont pas habitués. Elle révèle quelque chose de l’ordre de l’intime, dévoile une pudeur cachée. La lumière de nuit caresse les corps, enveloppe les objets d’un halo discret, murmure et chuchote, s’immisce, se dérobe, filtre, frise, lèche, chatouille, chantonne parfois.
Elle est aussi, paradoxalement, le royaume des ombres, et met en lumière une part de notre propre mystère, de l’âme des objets que nous côtoyons habituellement insolemment sans les toucher du regard, évitant mécaniquement leur contact, comme lorsque deux êtres se croisent sur un trottoir étroit finissent par ne jamais se rencontrer, leurs regards absents ne s’effleurent pas, les corps s’esquivent inconsciemment, une épaule recule, un pied se pose sur la chaussée, la marche emboîte le pas sans y penser.
La nuit intrigue, dans le double sens de ce verbe, elle crée l’étonnement, l’envie de savoir, attise la curiosité, mais également fait naître un sentiment d’insécurité, de l’ordre de la secrète menace, du viol. Cette double perspective renvoie souvent au lecteur d’une photographie de nuit un désordre, un désaccord, une remise en cause de ce qu’il voit et de ce qu’il ne voit pas, un questionnement, un doute, une inquiétude.
La photographie de nuit est une écriture a minima, une esquisse. Avec quelques brins de lumière, elle tisse un vêtement ample et enveloppant, dévoilant une réalité à laquelle nos yeux ne sont pas habitués. Elle révèle quelque chose de l’ordre de l’intime, dévoile une pudeur cachée. La lumière de nuit caresse les corps, enveloppe les objets d’un halo discret, murmure et chuchote, s’immisce, se dérobe, filtre, frise, lèche, chatouille, chantonne parfois.
Elle est aussi, paradoxalement, le royaume des ombres, et met en lumière une part de notre propre mystère, de l’âme des objets que nous côtoyons habituellement insolemment sans les toucher du regard, évitant mécaniquement leur contact, comme lorsque deux êtres se croisent sur un trottoir étroit finissent par ne jamais se rencontrer, leurs regards absents ne s’effleurent pas, les corps s’esquivent inconsciemment, une épaule recule, un pied se pose sur la chaussée, la marche emboîte le pas sans y penser.
La nuit intrigue, dans le double sens de ce verbe, elle crée l’étonnement, l’envie de savoir, attise la curiosité, mais également fait naître un sentiment d’insécurité, de l’ordre de la secrète menace, du viol. Cette double perspective renvoie souvent au lecteur d’une photographie de nuit un désordre, un désaccord, une remise en cause de ce qu’il voit et de ce qu’il ne voit pas, un questionnement, un doute, une inquiétude.
A l’aube, la lumière naturelle n’est pas encore tout à fait réveillée, le soir elle est presque endormie. La nuit, la lune, les étoiles, le feu, les réverbères, les lampadaires, les gyrophares, les néons, les projecteurs, les vitrines, les lampes à huile ou électriques, les bougies, les cierges prennent la relève.
Le photographe de nuit entame alors un corps à corps, une chorégraphie, tel le torero dans l’arène, qui ne doit sa survie qu’à une extrême attention, son corps est d’abord son regard, une tension qui englobe tout ce qui l’entoure, attentif au moindre geste, au moindre mouvement, au moindre souffle, il est sa présence au monde, et alors tous ses sens s’éveillent. Il prend la pose, le monde le regarde, il s’ancre à la terre, s’enracine mais reste prêt à l’envol, à l’évitement, ses oreilles se dressent, captent les plus infimes bruissements indiquant l’amorce d’un mouvement, sa peau frémit, ses narines hument l’air alentour, il est l’attente.
Le photographe de nuit entame alors un corps à corps, une chorégraphie, tel le torero dans l’arène, qui ne doit sa survie qu’à une extrême attention, son corps est d’abord son regard, une tension qui englobe tout ce qui l’entoure, attentif au moindre geste, au moindre mouvement, au moindre souffle, il est sa présence au monde, et alors tous ses sens s’éveillent. Il prend la pose, le monde le regarde, il s’ancre à la terre, s’enracine mais reste prêt à l’envol, à l’évitement, ses oreilles se dressent, captent les plus infimes bruissements indiquant l’amorce d’un mouvement, sa peau frémit, ses narines hument l’air alentour, il est l’attente.





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